« LE MESSAGE DE NOS EMOTIONS»
La gestion de ses émotions : qu’est-ce
que cela veut dire ?
Souvent nous croyons gérer nos émotions
alors que nous faisons que les contrôler, les réprimer, mettre un couvercle
dessus. Il s’agit de différencier contrôler et maîtriser ses émotions. Seule la maîtrise, c'est-à-dire
s’autoriser à les vivre pleinement, permet d’en comprendre leurs messages.
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Généralement, nous pouvons entendre :
« Je ne lui ai pas montré que
j’étais en colère ou je me suis contenu, je n’ai pas pleuré ou encore je n’ai
aucune raison d’être triste !». Ici, nous sommes dans le contrôle des
émotions : faire en sorte qu’elle ne se voit pas, qu’elle ne sorte pas. Il
faut bien sûr beaucoup d’énergie pour exercer ce contrôle, c’est fatigant et en
plus totalement inefficace. A un moment, l’émotion devient plus forte et nous
perdons le contrôle : c’est la colère refoulée qui devient explosion de
colère, la tristesse réprimée qui dérive en déprime ou dépression, la peur étouffée
qui se transforme en agressivité voire en violence. C’est ainsi que des
personnes très douces, dociles peuvent commettre des actes de violence ou de
criminalité…C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ! Elles se
retrouvent hébétées, ne sachant pas ce qu’il leur arrive. L’expression « hors de soi » explique
bien cet état où l’émotion est devenue incontrôlable parce qu’elle ne peut, par
essence, être contrôlée.
Alors, qu’est-ce que la maîtrise de ses
émotions ?....
C’est notre capacité à exprimer nos émotions
au fur et à mesure, en en prenant la responsabilité c’est à dire sans être dans
l’accusation (de soi ou d’une autre personne). En prendre la responsabilité,
c’est savoir qu’elles ne dépendent pas des
événements extérieurs mais bien de notre vécu et de l’interprétation que
nous faisons de la situation donnée. Pour preuve, la même situation peut être
vécue de manière totalement opposée : un vol en avion par exemple, peut
être effrayant, anxiogène pour une personne et pour une autre, être vécue comme
un jeu, un plaisir, une sensation agréable (sinon il n’y aurait probablement
pas de pilotes d’avion ni d’hôtesses de l’air !). La situation est neutre,
c’est nous-mêmes avec nos représentations internes qui la colorons. L’avion ne
fait que révéler la peur déjà existante.
Toutes les émotions sont saines, toutes sont
respectables. Elles font partie intégrante d’être humain. Sans émotions, nous
serions des robots froids, distants et mécaniques. Nous avons le droit d’être
tristes, de vivre de la colère, de nous sentir parfois effrayés, coupables ou
honteux à condition de n’accuser personne (ni nous-mêmes) de notre état.
D’autres fois nous serons enthousiastes, joyeux, sereins ou fiers de nous, cela
nous appartient !
Les émotions sont des messages : elles
attirent notre attention sur quelque chose.
La colère dit qu’un besoin est insatisfait. Elle nous invite à reconnaître ce
besoin et à agir, nous exprimer ou faire une demande par exemple. Très souvent,
elle signifie qu’il y a une limite à poser, une position à prendre, une
affirmation à faire. Elle est parfois un moyen de regagner notre pouvoir
personnel. Nous avons souvent peur de la colère alors qu’elle est extrêmement
bénéfique si elle exprimée sur le moment et dans le respect de l’autre. Ce qui
est destructeur, c’est la colère contenue depuis trop longtemps et qui finit
par exploser. Cette colère est souvent accusatrice et tient l’autre comme
responsable. Au lieu de reconnaître son
besoin intérieur pour y remédier, la personne perd son énergie en reproches en
essayant de changer ou de culpabiliser l’autre, ce qui intensifie son mal être et
nuit à ses relations. Tandis que l’explosion de colère est un mouvement tournée
vers l’extérieur et tel un ouragan peut tout détruire (c’est être « hors
de soi »), l’expression de la colère est d’abord un mouvement intérieur :
il est indispensable d’« être centré », à l’écoute de soi pour
entendre son message. Ainsi, le besoin pourra être entendu et l’énergie de la
colère utilisée pour agir dans le sens de ce besoin.
La tristesse prévient qu’une situation est finie et qu’il
est temps de passer à autre chose, de lâcher prise de quelqu’un ou d’une
situation. S’accrocher à l’ancienne situation ne fait qu’amplifier le mal être,
il nous faut tourner la page. Sentir la tristesse, la vivre, l’accueillir
plutôt qu’essayer de la réprimer ou de faire comme si tout allait bien, laisser
parfois les larmes couler, permettent d’entendre le message qu’elle contient.
Que devons-nous lâcher ? Dans quelle domaine ? Vers quoi est-il
nécessaire de nous tourner ? En fait, la tristesse est une étape de
transition vers un renouveau, vers un nouveau cycle, une situation encore plus
belle, plus vivante que l’ancienne si nous nous donnons la chance de la
vivre. Elle permet de fermer une porte pour en ouvrir une autre, pour aller
vers une nouvelle forme de joie.
La peur est légitime devant toute situation inconnue. Elle nous prévient d’un
danger potentiel et nous invite à anticiper le risque, à prévoir…Face à une
situation nouvelle, nous pouvons nous demander : quel est le plus grand
danger que je risque ? Suis-je prêt à assumer pleinement ce risque
c'est-à-dire à accepter un échec total ? Si la réponse est non, mieux vaut
renoncer pour l’instant. Mais si la réponse est oui, la démarche est celle du
progrès car d’expériences en
expériences, ce qui semblait ardu au départ va devenir de plus en plus facile
et c’est ainsi que la confiance en soi s’agrandit. Bon nombre de personnes
essaient de se débarrasser ou de masquer la peur, or elle est le simple signal
que nous ne sommes pas suffisamment prêt à affronter une situation. La peur est
de toute façon temporaire : voyez toutes les situations qui vous effrayaient
dans le passé et que vous avez dépassées. La solution n’est jamais d’éliminer
la peur mais de la prendre en compte, de doser le risque et de renforcer le
désir. Car il y a toujours d’un côté la peur, de l’autre le désir : alimenter
le désir, le renforcer, c’est affaiblir la peur.
La vie est pleine de contradictions car
elle est basée sur la dualité : pour ressentir l’intensité de la joie,
nous devons nous permettre de vivre la tristesse la plus profonde. Comment
pourrions-nous ressentir la sérénité si nous ne connaissions pas la colère ?
Toute émotion a un sens mais nous ne pouvons pas le saisir par le raisonnement,
la compréhension logique. Son message ne peut être capté que si nous nous
autorisons à vivre et ressentir pleinement l’émotion.