« SAVOIR ECOUTER»
« Le silence est d’or,
la parole est d’argent »
Nous connaissons tous ce
proverbe mais savons-nous l’appliquer ?
Savons-nous parfois nous
taire pour laisser de l’espace à l’autre, pour le laisser s’exprimer? Plus
encore, notre silence est-il le silence de nos critiques, de nos jugements, de
nos interprétations, ou un simple mutisme poli qui n’en pense pas moins ?!
Par
les multiples « moyens de communication » actuels, notre société
invite plus à parler qu’à écouter. Nous prenons des cours
« d’expression » pour mieux dire ce que nous avons à dire…car en
toute bonne foi, nous croyons que notre problème de communication vient de ce
côté mais savons-nous simplement « écouter » ?
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La paix dans nos
cœurs et la paix entre individus s’obtiennent
principalement par une écoute véritable et bienveillante. A ce niveau,
il n’est pas nécessaire de prendre des cours d’expression car nous ne pouvons
blesser l’autre si nous savons l’écouter.
Nous croyons
qu’écouter va de soi puisque nous avons deux oreilles ! Nul besoin
d’apprendre, pensons-nous…
Et bien non,
l’écoute ne va pas de soi et rares sont les individus qui savent l’utiliser.
Nous croyons, par
exemple, avoir écouté une personne qui exprime un problème quand nous lui avons
donné un conseil, surtout si nous pensons que ce conseil est judicieux.
Or
conseiller n’est pas écouter.
Si cette personne
n’est pas venue chercher un conseil auprès de vous mais simplement une
attention et une présence, elle en repartira insatisfaite sans trop savoir
pourquoi. Peut-être parce qu’un conseil non demandé est rarement apprécié.
Que d’énergie
perdue en conseils alors que la plupart des gens recherchent cette forme d’attention
extérieure qui leur permette d’y voir plus clair en eux, de faire le point et
finalement de trouver leur propre réponse !
Ecouter, ce n’est
pas non plus rassurer ou consoler ni prendre en charge…
Ecouter,
c’est une mise en lumière de l’autre tout en étant soi-même présent.
La meilleure écoute
est une disponibilité entière à l’autre pour percevoir même au-delà des mots ce
que l’autre tente de partager. La prise de parole de l’écoutant se veut un
reflet, une reformulation neutre et pleine de respect de ce qui a été dit.
Il s’agit d’être dans un silence intérieur
pour qu’aucune émotion personnelle, aucun trouble ne viennent interrompre ni
perturber l’expression de l’autre. Les émotions de l’écoutant doivent rester au
second plan. Dés que notre réactivité est en jeu, notre capacité
d’écoute s’émousse.
Soit nous sommes capables de la mettre entre parenthèse pour l’instant et de
continuer à être à l’écoute de l’autre soit nous ne le pouvons pas et il est alors nécessaire d’en informer
notre interlocuteur afin d’être vrai avec lui et avec nous mêmes. Etre dans un
état de perturbation intérieure ne peut nous rendre disponible au problème de
l’autre.
A ce moment-là, l’écoute doit se retourner
vers soi, c’est l’écoute de notre ressenti : que
vivons-nous émotionnellement à cet instant, quel(s) sentiment(s) nous traverse(nt).
L’écoute et la reconnaissance de nos émotions permettent de descendre à un
niveau de conscience plus profond, celui de notre vécu et de tous les schémas
mentaux que nous avons mis en place. Cette écoute de soi est nécessaire pour
aller à la rencontre de l’autre dans toute sa personne. Plus nous avons fait de
chemin vers nous-mêmes, plus nous pouvons aider l’autre à le faire.
Ecouter, c’est
savoir faire le silence en soi, dans ses pensées, ses émotions, pour être ouvert à autre, pour l’accueillir
dans toute son humanité, avec ses failles, ses doutes et ses limites.
Comprendre l’autre,
nous « entendre » avec lui, établir une vraie relation, passent par une relation paisible avec soi. Cela
nécessite de savoir être à l’écoute de soi…
N.H