« GERER NOS EMOTIONS »
La
plupart du temps, nous croyons que « gérer nos émotions » c’est contrôler notre réactivité : ne
rien laisser paraître, faire comme si cela ne nous touchait pas… En fait, c’est le contraire qui se
produit : plus nous les contrôlons et tentons de les nier, plus nos
émotions s’amplifient et plus nous réagissons.
Depuis
combien de temps contrôlez-vous vos émotions ? Observez-vous : ce
contrôle vous amène t-il à être plus en paix avec vous-mêmes et en harmonie
avec les autres ??
Ainsi, pour
se libérer progressivement de ses émotions, il est nécessaire dans un premier
temps de différencier émotions et sentiment
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L’EMOTION
Nous vivons des émotions
quand nous trouvons un
comportement inacceptable, que nous n’acceptons pas une personne ou une
situation. La colère alors se manifeste principalement. Elle masque souvent une
autre émotion : peur, déception, culpabilité, honte…La colère nous dit
tout simplement que nous avons un besoin insatisfait et qu’il est important d’y
remédier. Ce besoin est toujours le même : accepter chacun avec toutes ses
facettes en commençant bien sûr par nous-mêmes. Et que faisons-nous à la
place ?...Nous accusons quelqu’un, la situation, voire nous-mêmes pour
notre insatisfaction. Cette accusation nous maintient dans le cercle vicieux
des émotions et nous souffrons de plus en plus.
Prenons cet exemple :
une de vos amie a beaucoup de retard à votre RDV et ne vous prévient pas. En
plus, cela n’est pas la première fois que cela arrive ! Vous pouvez vivre
de la colère et l’accuser de ne pas vous respecter. Vous pouvez aussi vous
accuser vous-même de lui avoir fait confiance alors qu’elle agit souvent ainsi.
A un moment, vous atteignez votre limite émotionnelle et vous réagissez :
mots blessants, bouderie, éloignement de la personne voire vengeance.
Comment retrouver votre
sérénité avec l’agréable sensation d’être maître de vous ? En faisant
exactement l’inverse de votre comportement habituel : non pas réagir
immédiatement et déverser votre colère sur l’autre mais vous recentrer sur
vous : prendre le temps – sur le moment mais cela peut aussi se faire plus
tard suivant les circonstances - de ressentir totalement votre émotion pour
être à l’écoute du sentiment intérieur
LE SENTIMENT
Dans l’exemple ci-dessus, la
personne qui se donne le droit de ressentir la colère et se met en contact avec
son vécu percevra peut être un sentiment d’abandon douloureux. Elle se sentira peut-être délaissée par son amie. En se
permettant de vivre ce sentiment, peut-être fera t-elle des liens avec d’autres
ressentis analogues dans sa vie : à l’école, dans sa vie affective et avec
ses parents. Ce qu’elle cherchait à fuir en réalité, en tentant de nier son
émotion, c’est la souffrance liée à ce sentiment d’abandon.
Une autre personne ressentirait plutôt un
sentiment d’injustice car elle ne se permettrait pas elle-même d’agir
ainsi avec son amie : elle lui en veut de s’autoriser ce qu’elle ne se
permet pas elle-même.
Une troisième personne
vivrait un sentiment de trahison, elle se sentirait trahie
dans ses attentes et la confiance portée à son amie…
Comme vous pouvez le
constater, l’émotion de colère ne réveille pas chez les différentes personnes
le même sentiment. Et c’est ce sentiment blessé que chacun doit guérir au
risque se transformer en
« ressentiment ». Quand nous vivons du ressentiment, nous sommes
toujours portés à juger une autre personne et à l’accuser, non seulement cela
engendre des conflits mais notre âme souffre car elle ne veut vivre que le sentiment
d’amour.
C’est en
observant ainsi ses sentiments, sans les juger en terme de bien ou de mal, que
chaque personne peut se permettre d’avoir des peurs et des blessures
intérieures non guéries. Elle devient alors capable d’agir ainsi avec les
autres et d’observer qu’ils vivent aussi des choses difficiles sans les juger.
Ainsi, elle vit de moins en moins d’émotions et devient plus humaine et
tolérante puisqu’elle respecte davantage ses limites et celles des autres. Elle
cherche moins à se changer ou à changer les autres : son cœur s’ouvre…
la sérénité l’accompagne !
N.H.